Le projet prend place sur une petite parcelle de 300m2 issue de redivisions successives d’une vaste propriété autrefois plantée d’arbres fruitiers (olivier, amandiers…). La construction est implantée en lieu et place d’un ancien cabanon auto construit fortement dégradé. Elle tente de restituer la conception simple, rustique et l'atmosphère conviviale de ces habitats vernaculaires caractéristiques de cette partie du littoral.

Les particularités du climat méditerranéen amènent à concevoir une enveloppe de pierre porteuse de teinte blanche percée de fenêtres. La toiture emprunte le matériau (terre cuite) et la pente des constructions traditionnelles.

Le rez-de-jardin s’ouvre sur ses quatre façades par des portes fenêtre dont les châssis coulissants disparaissent en position ouverte. La maison devient alors une pergola dans le jardin clos de murets.

À l’étage, les chambres disposent de fenêtres aux dimensions modestes adaptées à une forte intensité lumineuse et alignées d’une façade à l’autre pour favoriser les courants d’air.

Le jardin est composé d’une palette végétale indigènes rustiques (oliviers, lauriers, cistes, euphorbes) et d’un paillage minéral en gravillons de la Durance, afin d’en réduire les besoins en eau.

Pour la construction, les matériaux sont essentiellement prélevés en circuits très courts. La pierre d’estaillade est extraite à Oppède dans le Lubéron, la pierre de sol à Tavel dans le Gard. Le bois de charpente provient des forêts des Alpilles. L’isolation de la toiture est réalisée en liège, issue des rebuts d’une entreprise familiale qui lève le liège et produit des bouchons à 50 km. La solution en vrac a été privilégiée, puisque les panneaux sont exclusivement issus d’importations. La façade sud de la maison n’est pas isolée, afin de conserver la matérialité pierre à l'intérieur. Le plancher d’étage en solives apparentes et voliges est réalisé en pin, dont plusieurs sujets scolytés.

Le niveau de sismicité de la région oblige à penser la construction dans une logique de risque. L'expérience menée aux côtés de l’ingénieur Jean Marc Weill a permis de démontrer que le béton, qui se présente souvent comme l’unique solution aux contextes sismiques, peut en réalité se limiter au stricte nécessaire.

Architecte

Benoît Sindt

Photos

Luis Dia Diaz

Programme

Maison d’habitation

Mission

Complète

Maitre d’ouvrage

Privé

Date

2021

Surface

89 m²

Statut

Livré